Mardi 22 Mai 2012


Le département des Yvelines

Aux origines poétiques de la création de ce département très récent: « yvelines » , nom modernisé du mot « ivelina »

Le département des Yvelines est issu de l’éclatement de la circonscription originelle de la Seine et Oise née en 1790. A la recherche d’un nom pour le baptiser, le premier président du conseil général, Jean-Paul Palewski s’adresse à Jehan Despert, poète et essayiste versaillais. S’inspirant du décor naturel qui caractérise ce territoire, véritable » poumon vert « régional et traversé par 700 km de rivières et de cours d’eau, ce dernier suggère « Yvelines », dérivé de « Ivelina ».

Ce mot provient du mot latin « silva aequilina » que les toponymistes traduisent par « forêt gorgée d’eau ». Il s’agit d’une appellation attribuée à l’antique forêt des Yvelines qui ceinturait Paris et dont la forêt de Rambouillet, d'où rayonnent la plupart des cours d'eau qui irriguent ce territoire, est un vestige.

Une histoire administrative étroitement liée au destin politique national

La création du département des Yvelines entre en vigueur le 1er janvier 1968, en application de la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne. Il couvre 40 % de l’ancien département de Seine-et-Oise.

La faible densité de population en zone rurale du département a favorisé assez tôt l’émergence de nombreux syndicats intercommunaux au nombre desquels les communautés d’agglomération de Mantes-la-jolie et de Saint-Quentin-en-Yvelines sont les plus importantes. Il existe par ailleurs 12 communautés de communes et un centre interdépartemental de gestion de la grande couronne de la région Ile-de-France.

On dénombre 4 arrondissements administratifs correspondant aux sous-préfectures de Mantes-la-jolie, Rambouillet, et Saint-Germain-en-Laye, ainsi qu’ à l’arrondissement chef lieu de Versailles ; 12 circonscriptions législatives, 39 cantons et 262 communes dont seulement deux comptent plus de 50 000 habitants (Sartrouville et Versailles) et 223 ont moins de 10 000 habitants.

Le nouveau département a conservé du département de Seine et Oise, le code départemental 78, son chef-lieu Versailles et son blason qui date de 1789, frappé aux trois fleurs de lys, symbole royal. Le blason est également chargé d’un coq à deux têtes symbolisant la double obligation de la municipalité envers le château d’une part et envers la ville d’autre part.

Avant de devenir le chef lieu d’un évêché et celui d’un département en 1790, Versailles est née de la volonté royale. Après la guerre de cent ans, les rois et la cour résidaient plus fréquemment dans les Yvelines, à Saint-Germain et à Rambouillet. Néanmoins, ce fut d’abord Louis XIII qui en achetant la totalité de la seigneurie de Versailles comme terrain de chasse, lui donna un nouveau destin. Ensuite, Louis XIV créa la ville de toute pièces en encourageant la construction et par un effet d’entraînement, en installant sa cour en 1682 dans un château agrandi et reconstruit. Le bourg de Versailles d’environ 1000 habitants se transforme en une ville de 50 000 âmes à la Révolution.

Siège du pouvoir politique, avant de devenir le berceau de la Révolution , la ville acquiert une dimension historique nationale qu’elle conserve durant le 19ème siècle, et à laquelle le sort de la préfecture est désormais scellé. De fait, l’hôtel de la préfecture est d’abord occupé de septembre à janvier 1871 par le prince royal de Prusse puis le roi de Prusse dont les troupes viennent d’envahir la France. Il est ensuite choisi comme refuge en mars 1871 par le gouvernement provisoire de Thiers fuyant la Commune de Paris, et désigné résidence officielle de Thiers devenu chef de l’Etat de la Troisième République. En 1873, ces lieux voient également les efforts avortés de restitution monarchique par le comte de Chambord et la consolidation de la République. L’hôtel de la préfecture retrouve sa fonction initiale en 1880.

Le bâtiment de la préfecture fut construit à l'emplacement de l'ancien chenil du roi de 1864 à 1866. Il y accueille alors les bureaux d’une institution à l’étroit à l’hôtel des gares-meubles,11 rue des réservoirs, où elle réside depuis 1800. Les services administratifs de l’Etat se développent comme jamais depuis le début du Second Empire. Les moyens affectés par Napoléon III à la modernisation des services publics sont plus importants que du temps de ses prédécesseurs. Le corps préfectoral en particulier est entré avec lui dans un âge d’or que ne démentirait pas la construction sur le sol national de 13 préfectures intervenues sous son règne.

Représentant de l’Etat et de l’Empereur, le préfet est également, aux yeux du monarque, un levier du développement territorial. Ces objectifs politiques sont inscrits dans la pierre même de ces édifices dont l’hôtel particulier de la préfecture à Versailles est un excellent représentant : le goût parisien se trouve tempéré d’influence locale, très inspirée de l’architecture du 18ème siècle. Cette volonté apparaît dans le choix d’un architecte versaillais, Amédée Manuel (1818-1873) à l’issue d’un concours public. Il s’agit, pour l’époque, d’un procédé démocratique innovant, permettant à une opinion de se manifester dans un domaine où elle n’est pas habituée à le faire.

Un département vert à la géographie contrastée
Il présente de forts contrastes. Une ligne partant de Mantes-La-Jolie au nord-ouest et reliant Versailles à l’est démarque la zone nord nord-est à forte densité urbaine et industrielle de la zone sud-sud-ouest à dominante rurale et agricole.
Les Yvelines, qui s’étendent sur 2 300 km2, regroupent 262 communes – rurales dans sa périphérie mais formant une trame urbaine dense dans les secteurs centre est et nord est au contact de la petite couronne parisienne et le bout de la Vallée de la Seine. La taille des communes reste en moyenne modeste ; seules Versailles et Sartrouville comptent plus de 50000 habitants. 80% de son territoire sont occupés par des espaces naturels préservés. Département au relief accidenté et boisé, les Yvelines sont considérées à juste titre comme "le poumon vert" de la région. C’est également un pays d’eau parcouru par près de 700 km de rivières et cours d’eau, outre la Seine.

Une population jeune, aisée et diversifiée en constante augmentation
Le recensement de 1999 établit à 1 354 304 le nombre d’habitants dans les Yvelines. Les Yvelines affichent donc la population la plus élevée de la grande couronne et figure au 8ème rang national. Ce chiffre est en constante augmentation et il est estimé à 1 395 000 en 2005. La croissance démographique s’explique probablement par son dynamisme économique, sa localisation à proximité de la capitale ainsi que sa qualité de vie.
Le département s’organise en quatre arrondissements aux caractéristiques très différentes. Paradoxalement, c’est l’arrondissement de Saint-Germain-en Laye et non celui de Versailles, chef-lieu du département, qui est le plus peuplé. Situé dans le prolongement des Hauts-de-Seine, il concentre 39% de la population totale. L’arrondissement de Versailles réunit un quart de la population concentrée sur Versailles et la ville nouvelle de Saint-Quentin-en -Yvelines. Enfin, ceux de Mantes-La-Jolie et de Rambouillet ont un poids nettement plus faible, respectivement 19 et 15, %, en raison de la présence de zones à caractère rural et agricole.
Le salaire annuel moyen s’élève à25848 euros en 2006, plaçant les ménages yvelinois parmi les trois plus riches d’IDF ( 28444 Euros). D’ailleurs, seuls un tiers des foyers du département ne sont pas imposables. Sur les 721675 ménages fiscaux, 25000 sont redevables de l’ISF, plaçant les Yvelines au 3ème rang francilien.
La population se caractérise par sa jeunesse avec un tiers de personnes de moins de 20 ans. Toutefois, les recensements de 1990 et 1999 révèlent un relatif vieillissement, avec une augmentation de 5.65 points de la part des personnes de plus de 45 ans. Par ailleurs, la population d’origine étrangère est assez importante car elle représente 12 % des yvelinois.

Un contexte social et professionnel diversifié

Le taux de chômage est de 5.8 % au 30 juin 2007 soit 2.2 points sous le taux national et 1.7 points sous le taux régional. Il reste l’un des plus bas d’Ile-de-France avec le département de l’Essonne. L'économie des Yvelines se situe, par le nombre d'emplois, 534 400 en 2004, soit 10% du total régional, au troisième rang des départements de l'Ile-de-France après Paris et les Hauts-de-seine.

Toutefois, il existe de grandes disparités territoriales. Les zones d’emploi de Mantes-la-Jolie, des Mureaux ou bien encore de Sartrouville affichent des taux supérieurs à 8.5 %. A l’échelon départemental, 49.7 % sont des femmes, 27.8 % des chômeurs longue durée, 17.7 % sont des plus de 50 ans et 12.9 % ont moins de 25 ans.

Le département connaît des territoires urbains en grande difficulté. Ainsi, quarante cinq quartiers de vingt communes ont été retenus au titre de la géographie prioritaire de la politique de la ville dans le cadre des contrats urbains de cohésion sociale. Cela représente 170 000 habitants, soit 23% de la population, vivant dans ces quartiers qui concentrent nombre de difficultés en terme de chômage, de logement, d’échec scolaire et aussi de délinquance voire de violences urbaines.

Une vie économique dynamique

Le département des Yvelines, fort des sites de Vélizy et de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, ainsi que ses activités en mutation de la Vallée de la Seine , constitue le troisième pôle d’emploi en Ile-de-France. L’industrie automobile (Peugeot, Renault), l’aérospatiale (EADS, Thalès) en sont les deux points forts, ainsi que les télécommunications (Alcatel-Lucent). Ces secteurs sont cependant en prise directe avec des évolutions parfois très rapides, si bien que les territoires concernés doivent entreprendre des modernisations et des reconversions de grande ampleur.

En réponse à ces enjeux, l’Etat a initié deux Opérations d’Intérêt National (OIN) dont l’objet est de favoriser l’accueil d’activités nouvelles, la tertiarisation de l’économie et la construction de logements nécessaires à ce développement.

L’OIN Seine-aval, au nord du département, est reliée à deux grands projets d’infrastructures qui encourageront les échanges avec le reste de l’Europe : Le Port 2000 du Havre et le canal Seine-Nord-Europe. Au niveau régional, elle est le débouché naturel de Cergy-Pontoise et un support indispensable à la Défense, premier quartier d’affaires en Europe par sa superficie. Ce projet concerne également le pôle universitaire voué à la mécatronique et à l’écologie industrielle. L’établissement public d’aménagement du Mantois-Seine-aval (EPAMSA) conduit la mission de préfiguration de ce projet.

L’OIN Massy-Saclay-Versailles-Vélizy-Saint Quentin en Yvelines, au sud-est a retenu 12 projets yvelinois dans des domaines de haute-technologie. Il s’agit à terme de constituer le premier territoire de l’innovation en Europe. Un groupement d’intérêt public (GIP) basé à Toussus-le-Noble est chargé de mettre en place la structure de gouvernance.

Deuxième département agricole de l’Ile-de-France, les agriculteurs participent également au dynamisme économique du département.

La création d’entreprise y est forte. L’emploi salarié prédomine avec 94.3% des effectifs. En outre, la main-d’œuvre est hautement qualifiée puisqu’un employé sur trois est cadre.

L’attractivité salariale, fiscale et résidentielle du département contribue à l’installation de nombreux ménages et entreprises, ce qui a comme conséquence une pénurie cruciale de logements – notamment sociaux – avec plus de 26 000 demandeurs en instance.

Avec six villes royales - Versailles, Saint Germain en Laye, Marly le Roy, Rambouillet, Poissy, Mantes la Jolie - les Yvelines témoignent de l’Histoire de France. Le château de Versailles est le phare du patrimoine yvelinois. Fréquenté en 2006 par 4.7 millions de visiteurs, il éclipse d’autres lieux touristiques notamment les 40 musées et les maisons d’hommes célèbres (Monet, Blum, Triolet, Colette, Tourgueniev, Zola, Ravel, Dumas). Le deuxième site le plus fréquenté est la parc zoologique de Thoiry.

 

Un patrimoine naturel , culturel et architectural riche

Le département des Yvelines est également doté d’un patrimoine naturel, culturel et architectural exceptionnels  avec ses 2 parcs naturels régionaux (celui de la haute vallée de Chevreuse et d’une partie du Vexin français), 9 châteaux, 6 villes royales dont Poissy qui a vu naître le roi Saint-Louis, 40 musées dont 14 musées de France, 7 maisons d’artistes ou lieux de mémoire (Monet, Blum, Triolet, Tourgueniev, Zola, Ravel, Dumas), 512 monuments historiques (soit 13% du total régional). Le château de Versailles reste un des premières destinations touristiques de France avec 4,7 millions de visiteurs en 2006.

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